C’est une vague digitale qui s’apprête à s’abattre sur Wall Street. La bourse américaine entame en effet un virage en direction des « robots-advisors ». Ces logiciels de gestion, capables d’analyse et de prise de décision pourraient représenter 20% des investissements américains dans moins de 10 ans.

L’évènement a fait s’agiter les initiés, mais est resté inaperçu du grand public. Il y a deux jours, l’entreprise Betterment, plus gros robot-conseiller américain, a été valorisée à 700 millions de dollars. Juste une affaire de gros sous ? Pas seulement. La (très) bonne santé de Betterment (l’entreprise a augmenté sa valeur de 60% en moins d’un an) témoigne d’un attrait de plus en plus prononcé du public pour ces gestionnaires électroniques.

Et les banques (surtout américaines) ne s’y trompent pas. Un grand nombre d’entre elles commence à développer leurs propres «robot-advisors». Bien sûr, pour l’instant ces derniers ne sont « que » des gestionnaires de patrimoine, et moulinent algorithmes et big data pour faire fructifier au mieux l’argent de leurs clients. Mais le New-York Times estime que les robots sont désormais à l’assaut de Wall Street et des centres décisionnaires. En février, l’ex directeur de la banque anglaise Barclays estimait dans le journal américain que « le nombre d’employés du secteur financier chuterait d’au moins 50% ».

10 à 20% du marché américain en 2025

À l’heure actuelle, la part de flux financiers gérée par les robots sur le marché américain est minime. On estime les investissements réalisés par ces derniers à moins de 100 milliards de dollars (pour un marché d’au moins à 30000 milliards). Or, selon une étude de la Deloitte University Press, les robots pourraient gérer entre 5000 et 7000 milliards d’ici 2025. Une croissance impressionnante que le cabinet impute au désintérêt tout aussi croissant des Millenials de la génération Y pour le système bancaire traditionnel.

En France, nous sommes encore loin des États-Unis à ce niveau, mais l’idée fait son chemin, et quelques tests sont réalisés, sur des « robot-advisors » encore balbutiants.

En dehors des services bancaires, les secteurs de la santé ou de l’assurance se préparent également à intégrer ces analystes électroniques. Et si l’on comprend l’attrait des grandes firmes pour ces dociles employés, on peut légitimement craindre quelques dérives, qu’elles concernent la sécurité ou les données personnelles. Et les mois où vous serez à sec, difficile ensuite de demander à votre conseiller de faire preuve d’humanité…

Préparez-vous à confier vos économies aux robots

Category: Économie
0
1459 views

Join the discussion

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *