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Le premier Ministre Manuel Valls a relancé la semaine dernière le débat autour d’un revenu universel de base. Une initiative qui réjouit les partisans de longue date de ce revenu, comme l’économiste Marc de Basquiat.

Lors d’un discours hommage à Michel Rocard, dont il louait les “utopies concrètes”, le Premier ministre a évoqué une réforme des minima sociaux et estimé qu’il fallait « aller plus loin », mettant sur la table l’idée du revenu de base universel. En octobre dernier, nous interrogions Marc de Basquiat, président de l’A.I.R.E et co-fondateur du Mouvement français pour un Revenu de base. L’économiste nous expliquait alors qu’une première étape pouvait être mise en place entre la fin de ce mandat et le prochain. Un an plus tard, comment est perçue cette déclaration du premier Ministre ?

« Nous sommes très heureux, avance tout de suite Marc de Basquiat. Le Premier ministre s’appuie sur l’analyse des minima sociaux contenus dans le rapport Sirugue, auquel je souscris complètement ». Le député (PS) Christophe Sirugue avait en effet remis au gouvernement son rapport en avril 2016, dans lequel il proposait des scenarios pour réformer les minima sociaux français.

« il y a trois scenarios dans ce rapport, mais Christophe Sirugue insiste sur le fait que sa préférence, comme la notre, va vers le troisième, qui propose de créer une “couverture socle commune” qui remplacerait les 10 minima sociaux ».

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Les 10 minima sociaux français. Rapport Sirugue.

« Cette couverture commune serait donc donnée à tous et devrait s’élever à environ 400 euros. Elle serait ensuite suivie d’un complément d’insertion, qui servirait à accompagner, par exemple, une activité, une formation ou un projet, ainsi que d’un complément de soutien, réservé aux personnes âgées ou handicapées », poursuit Marc de Basquiat.

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Couverture socle commune et financement. Rapport Sirugue.

Mais si ce revenu s’avérait moins intéressant une les prestations actuelles ? « Non, selon un modèle comme celui-ci, personne ne sera perdant, ou vraiment un nombre très marginal. Mais ce système laisserait moins de gens sur le carreau que le système actuel ». Pour Marc de Basquiat « que le premier ministre prenne publiquement la parole pour s’attaquer à ce sujet est très encourageant, ça montre que ça va dans le bon sens ». Même s’il ne s’agit pas encore d’un véritable revenu de base inconditionnel, comme il souhaiterait. Mais cela viendra plus tard, quelle que soit la couleur politique du prochain mandat. « Il existe toujours autant de motivations diverses pour le revenu de base. Que l’initiative soit prise par un gouvernement de gauche ou de droite n’est pas le problème. Ce qui compte c’est que c’est une première étape, qui va dans la bonne direction ».

L’économiste explique plus en détail quelles sont les étapes suivante qui nous mènerons, selon-lui, vers un revenu de bas universel :

Le revenu de base peut être établi d’ici 20 ans

Rappelons qu’en Europe la Finlande doit tester le revenu de base à partir de 2017 et que des villes allemandes ou néerlandaises s’apprêtent à tenter l’expérience au niveau local. En France, le Sénat a créé une mission d’information sur le sujet (à laquelle participe Marc de Basquiat).

La prochaine réunion de cette mission d’information doit se tenir… demain. Nul doute que les propos du Premier ministre y seront décortiqués.

Pour aller plus loin :

“Que Manuel Valls évoque le revenu de base, ça va dans le bon sens”

Category: Économie
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