Les amis de la Terre

Les fortunes cumulées des 782 personnes les plus riches du monde pourraient alimenter la moitié de la planète en énergies renouvelables d’ici 2030. C’est ce qu’indique une ONG internationale à la veille de la COP21 de Paris.

Alors que la COP21 à Paris, a ouvert ses portes depuis ce matin, l’organisation Les amis de la Terre a publié un rapport éloquent sur le rôle que pourraient tenir les plus grosses fortunes de la planète dans la transition énergétique mondiale.

L’organisation a estimé à 5148 milliards de dollars américains l’investissement nécessaire pour produire de l’électricité 100% renouvelable capable d’alimenter la moitié de la planète d’ici à 2030. Cet investissement équivaut à la richesse dont dispose actuellement 0.00001% de la population mondiale, soit 782 personnes.

« Ce rapport tire la sonnette d’alarme pour les décideurs politiques et les gouvernements. Notre monde fait face à deux graves crises inextricablement liées : l’inégalité croissante et le changement climatique. Le temps est venu d’y remédier ensemble », déclare Sam Cossar-Gilbert des Amis de la Terre International.

Selon ce mode de calcul, le rapport démontre également que :

  • La fortune personnelle des 53 personnes les plus riches du monde pourrait alimenter en énergies 100% renouvelables toute l’Afrique d’ici à 2030
  • La fortune des 32 personnes les plus riches du monde pourrait alimenter en énergies 100% renouvelables la plupart des pays d’Amérique latine d’ici 2030
  • La consommation en énergie de ces zones va plus que tripler d’ici 2040.

Rappelons par ailleurs, s’il est nécessaire, que les riches polluent plus que les pauvres, tandis que ces derniers subiront majoritairement le réchauffement de la planète.

« Le changement climatique est déjà à l’œuvre, dévastant des communautés et des écosystèmes du monde entier. Si aucune mesure urgente et drastique n’est prise pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, nous allons faire face à un emballement climatique catastrophique, dont les impacts dépasseront tout ce à quoi nous assistons aujourd’hui, et frapperont principalement les peuples et les nations les plus pauvres, et les moins responsables du changement climatique », rappelle l’organisation.

Des chiffres symboliques

L’écart entre les ultra-riches et l’immense majorité de la population mondiale n’est pas nouveau. Mais il se creuse. Comme le rappelait l’ONG Oxfam en 2014, les 85 plus riches du monde possèdent autant que les 3,5 milliards les plus pauvres. Ce rapport se veut donc symbolique, évidemment. « Il ne suggère en aucun cas que la richesse d’un groupe de personnes en particulier puisse ou devrait être directement utilisée pour opérer la transformation énergétique ».

Mais il peut mettre la pression sur les milliardaires, comme le fait d’une certaine manière Bill Gates. Ce rapport est d’ailleurs l’occasion de rappeler que 15 des 20 fortunes mondiales sont américaines, dont beaucoup se sont fondées sur des empires ayant généré des gaz à effet de serre durant des décennies.

« La production d’énergie à partir des combustibles fossiles est un des principaux facteurs à l’origine des niveaux très élevés d’émissions de carbone. Et lutter contre cette énergie polluante est fondamental pour arrêter la catastrophe climatique » insiste l’organisation. La COP21 a notamment pour but de trouver un accord permettant la réduction de 40 à 70% de ces émissions d’ici 2050. Pourtant, ces engagements ne seront pas suffisants, selon un dernier rapport de l’ONU. Il faudra donc faire encore plus pour éviter le pire.

« L’immobilisme n’est plus une option possible aujourd’hui. Les émissions de carbone ne cessent d’augmenter. Nous avons besoin d’une révolution », déclare Dipti Bhatnagar, coordinatrice du programme Justice climatique et énergie aux Amis de la Terre International.

« La transformation énergétique n’implique pas uniquement de renoncer aux combustibles fossiles en faveur des énergies renouvelables, mais aussi d’entreprendre une transformation profonde, qui inclut une appropriation démocratique des ressources renouvelables », précise-t-elle. D’autant que les pays pauvres possèdent d’immenses ressources en énergies renouvelables et des plans de développement ambitieux. Il faudra donc qu’ils aient les moyens de mettre ces plans en œuvre.

Alors que la communauté internationale attend un accord majeur à l’issue de la conférence pour le Climat de Paris, espérons que les pays riches et le secteur privé joueront le jeu.

Pour aller plus loin :

2030 : les ultra-riches pourraient sauver la planète

Category: Environnement
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