La question de la démographie mondiale sera un enjeu majeur de la fin du siècle. Actuellement, 7,4 milliards de personnes vivent sur notre planète, et nous pourrions être 11 milliards d’ici 2100. Une croissance exponentielle qui ne l’a pas toujours été. Et qui pose des questions existentielles.

On a beau le savoir, les chiffres sont toujours aussi vertigineux. L’essor de l’Homme sur la planète est un processus de longue haleine, comme le montre la vidéo du Museum américain d’histoire naturelle. Partis d’Afrique il y a 200.00 ans, les homo sapiens n’ont cessé de coloniser la planète. Mais ce développement de notre espèce suivait un rythme lent, jusqu’à cette rupture, aux alentours de -10 000 : l’agriculture.

Après cela, les différents empires, comme les Hans ou les Romains, ainsi que les importants foyers de populations comme en Inde ne cessent de croître, mais toujours de manière plus ou loin linéaire. Jusqu’à la révolution industrielle où tout s’accélère de manière hallucinante. De 170 millions en l’an 1, on passe alors à plus d’un milliard et la machine est lancée :

“Il aura fallu 200.000 ans pour que notre population atteigne un milliard. Et seulement 200 ans pour qu’elle atteigne les 7 milliards”

Forcément, difficile de résister à la tentation du scenario. La vidéo en indique donc trois, à horizon 2100,en fonction du nombre d’enfants par femme dans les décennies à venir. Le scenario du milieu, considéré comme le plus probable, indique 11 milliards d’humains d’ici le XXIIe siècle, si et seulement si la natalité tombe à deux enfants par femme, comme semblent l’indiquer les démographes. Si ce taux de natalité chute plus tôt, nous pourrions atteindre notre pic mondial de population d’ici 2050. Mais s’il augmente, ne serait-ce que de 0,4 enfant par femme, nous nous dirigerions alors vers un monde de 17 milliards d’humains à la fin du siècle. Gloups.

Explosion démographique à venir en Afrique

Ces chiffres dépendent (et dépendront d’autant plus à l’avenir) de la croissance démographique de l’Afrique. Le Nigeria a lui seul pourrait devenir l’un des pays les plus peuplés de la planète, voir le premier. Sa démographie dépassera probablement celle des États-Unis à horizon 2050 et celle de la Chine d’ici 2100 (qui elle aura « perdu » plus de 400 millions d’habitants), selon la Banque Mondiale.

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Comment nourrir une population grandissante et vieillissante ?

L’Afrique et l’Asie représenteront 80% à 85% de la population mondiale d’ici 2100. Sachant que ces deux continents sont déjà les plus touchés par la pauvreté et la famine. Et si les solutions pour nourrir toute la planète peinent à se mettre en place, une chose est sûre : nous ne pourrons continuer sur notre mode de consommation actuel. Si nous continuons sur ce rythme, nous aurions besoin de deux planètes d’ici 2030. L’Anthropocène, ère géologique marquée par l’impact de l’Homme pourrait aussi voir la planète se réchauffer dangereusement et les catastrophes naturelles se multiplier… principalement an Asie ou en Afrique.

Sans compter que le pourcentage de la population âgé de plus de 60 ans ne va cesser d’augmenter lui aussi. Au point de représenter plus de 3,5 milliards en 2100. Et à moins que ce beau monde ne réussisse à rajeunir, il faudra alors gérer ces populations vieillissantes. Quand aux solutions transhumanistes visant à atteindre l’immortalité, on peine à voir en quoi elles règleraient le problème de la surpopulation mondiale.

Mais tout le monde ne pense pas à ce monde à 11 milliards en 2100. Paul Jorion imagine lui que « d’ici la fin du siècle, nous constaterons une réduction massive de la population mondiale ». Ah ? « Nous nous trouvons actuellement dans une crise proche de celle de 1914. Et je crains que notre espèce ne se serve des solutions classiques pour la résoudre. Et si nous venions à engendrer un conflit mondial, cela me parait très improbable qu’on n’utilise pas d’arme atomique ». Nous voilà rassurés. Non ?

Bien sûr, au milieu de ces prédictions bien pessimistes subsistent des espoirs. L’Homme a largement la capacité à faire face au problème du climat, comme l’a montré le trou dans la couche d’ozone, aujourd’hui résorbé. Les énergies renouvelables se développent à une vitesse considérable et même Donald Trump ne semble pas en mesure d’enrayer un mouvement initié (trop) doucement mais sûrement à Paris l’année dernière. Quand à notre capacité à nourrir tout le monde, le problème relève plus d’une plus juste répartition des biens de notre planète que d’un volume insuffisant. Les solutions existent mais notre capacité à nous organiser collectivement se compliquent à mesure que la démographie avance.

Et si finalement tout ceci accréditait la thèse selon laquelle l’avenir de l’humanité se trouve dans l’espace, défendue par Stephen Hawking (lui aussi adepte des déclarations catastrophistes) ?

Vidéo : nous pourrions être 11 milliards d’humains en 2100

Category: Environnement
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