rosettaphilae

Dans quelques heures, la sonde européenne Rosetta achèvera sa mission et s’écrasera sur la comète Tchouri aux côtés du petit robot Philae. Une fin quelque peu tragique, mais qui laisse présager de nombreuses années d’études de données ainsi qu’un bel avenir à l’Agence spatiale européenne (ESA).

C’est le début de la fin pour Rosetta. Depuis hier, jeudi 29 septembre, la sonde européenne descend inexorablement vers la comète Tchouri où elle devrait “s’écraser” à 12h38 (à deux minutes près). Une fin spectaculaire à la véritable odyssée de l’espace entreprise par la sonde depuis plus de douze ans. Grâce à cette épopée, l’Agence spatiale européenne a indubitablement envoyé un signal fort et possède désormais une quantité astronomique (c’est le cas de le dire) de données qu’elle va devoir éplucher pendant encore plusieurs années.

L’ESA a raconté une histoire

La mission Rosetta, décidée en 1993 (la sonde a été envoyée en 2004) par l’Agence spatiale européenne, n’avait aucun autre but que la science. Alors que la NASA ou Elon Musk multiplient les déclarations spectaculaires, l’ESA a choisi d’aller poser une sonde sur une comète, dans le but de mieux comprendre la formation du système solaire. Une prouesse technique, certes, mais moins “vendeuse” sur le papier qu’une colonisation de Mars, par exemple. La mission, qui a coûté 1,4 milliard d’euros, a au départ fait face à un certain scepticisme, voire des moqueries de la part des Américains.

Pourtant, la mission Rosetta a connu un large succès auprès du grand public, en raison justement de l’apparente naïveté du projet, du caractère ludique de l’histoire et de la personnification de la sonde et de son petit robot, Philae.

Interrogé en 2015, le chercheur en géopolitique de l’Espace Xavier Pasco (Fondation pour la recherche stratégique) estimait même que ce type de missions pouvait remettre l’ESA dans la course à l’espace. « L’avance américaine dérange les autres acteurs de l’espace. Mais les choses changent et l’Europe tente de rattraper son retard. Et quand on regarde bien, ce retard est résorbable d’ici vingt ans, car elle possède à la fois les compétences et les technologies. Surtout, l’ESA pourra compter sur un élan « populaire », car on a vu avec Rosetta et Philae qu’elle savait s’attirer la sympathie du public, ce que ne sait plus vraiment faire la NASA ».

Et de la sympathie, Rosetta et Philae, véritables héros mécaniques de l’espace, en ont eu. En dehors des promesses scientifiques qu’ouvrent la mission, une partie du grand public a suivi avec émotion les aventures des deux protagonistes. Avec en point d’orgue le moment de déchirement où Rosetta et Philae ont cessé de se parler… pour toujours.

« Je crois qu’il faut surtout se poser la question de l’avenir de la nature de l’exploration spatiale. La réussite de Rosetta tient au fait qu’on ne raconte plus d’histoires avec le spatial. Le mythe s’éteint petit à petit », expliquait alors Xavier Pasco. Avec la romance Rosetta/Philae, l’Europe a rendu à l’exploration spatiale sa part de mythe.

Fin d’une course de 7 milliards de kilomètres

Avec désormais plus de 7 milliards de kilomètres au compteur, Rosetta va donc embrasser celle qu’elle suit depuis 2004 : la comète Tchouri (Tchourioumov-Guérassimenko). Mais celle-ci ne fera plus que s’éloigner du Soleil. Et les grands panneaux solaires ne fourniront plus assez de puissance à la sonde. L’ESA a donc décidé de mettre un terme à l’aventure pendant qu’elle contrôle encore Rosetta, à plus de 700 millions de kilomètres de la Terre.

Goodbye Rosetta.


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Category: Espace
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