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Le Japon a envoyé vendredi dans l’espace un vaisseau de ravitaillement vers la Station spatiale internationale (ISS) auquel est attaché un engin de “récolte” des débris spatiaux. Un premier pas vers le nettoyage de l’orbite terrestre.

Kounotori 6 (cigogne), c’est son nom, a été lancé de l’île de Tanegashima dans l’après-midi et aura pour mission de “nettoyer l’espace”. Les images ont été diffusées en direct par l’agence spatiale japonaise, Jaxa. Le lancement est réussi « le satellite s’étant séparé de la fusée » et est désormais en orbite a indiqué Nobuyoshi Fujimoto, porte-parole de la Jaxa. Le vaisseau transporte également de quoi ravitailler les astronautes vivant dans l’ISS, dont des piles et de l’eau potable.

Des scientifiques de l’agence spatiale japonaise vont ainsi expérimenter une sorte de filet destiné à déplacer les débris laissés par l’activité de l’homme (morceaux de vieux satellites ou de fusées) vers des orbites de plus en plus proches de la terre afin qu’ils finissent par plonger dans l’atmosphère en s’y consumant.

L’orbite terrestre submergée par les débris d’ici 2030

Plus de 50 ans d’exploration de l’espace depuis le lancement par les Soviétiques du satellite Spoutnik en 1957 ont produit une ceinture de déchets qui viennent heurter des équipements spatiaux: des centaines de collisions sont enregistrées chaque année.

Notre orbite proche est en train de devenir notre poubelle spatiale et l’initiative est plus que bienvenue puisque ce nombre de débris considérable devrait encore plus que tripler d’ici 2030.

Le problème est loin d’être anodin. Dans l’espace, la moindre poussière devient un projectile pouvant provoquer des dégâts considérables sur les satellites, eux aussi de plus en plus nombreux, et surtout sur la station spatiale internationale. On imagine par exemple la frayeur de l’astronaute britannique Tim Peake lorsqu’une poussière de moins d’un millimètre a provoqué ceci :

Une première étape

Pour récolter les déchets, Kounotori 6 utilisera un câble dit électrodynamique, fait de filaments d’acier et d’aluminium. La Jaxa travaille sur ce projet de câble très particulier depuis une dizaine d’années. Conçu comme un “filet de pêche”, il sera ensuite déployé dans l’espace et générera de l’électricité en se balançant dans le champ magnétique de la Terre. Ainsi, il devrait pouvoir ralentir la course des déchets, les faisant descendre progressivement, jusqu’à finir par entrer dans l’atmosphère et brûler sans atteindre la surface terrestre.

Ce premier envoi, très important pour la Jaxa, devrait être recommencé à plusieurs reprises à l’avenir si le test s’avère concluant. Un porte-parole de l’agence spatiale a indiqué que la Jaxa espérait utiliser de manière plus régulière ce système d’ici le milieu de la prochaine décennie. Les prochaines missions seront encore plus ambitieuses techniquement, et le câble “filet de pêche” devra encore être améliorer. « Sa longueur sera cette fois de 700 mètres mais il faudra à l’avenir qu’elle mesure de 5.000 à 10.000 mètres pour ralentir les déchets dont on veut se débarrasser », espère Nobuyoshi Fujimoto.

Par ailleurs, nul doute que si ce louable projet fonctionne, la technologie utilisée pour attraper les débris pourrait intéresser les futurs chasseurs d’astéroïdes. Mais ce coup-ci, il ne faudra pas se rater lorsqu’il s’agira de les faire entrer dans l’atmosphère terrestre !

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Category: Espace
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