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Moon Express porte bien son nom. L’entreprise américaine entend coloniser la Lune d’ici… l’année prochaine. Son PDG et fondateur, Bob Richards a indiqué vouloir rendre accessible au public ce qu’il appelle dès aujourd’hui « notre huitième continent ».

Interviewé par le SETI (Search fot Extra-terrestrial intelligence) le mois dernier, Richards a évoqué l’avenir de l’exploration de l’espace commerciale et a indiqué que MoonExpress pourrait être en mesure d’envoyer sa première mission vers notre satellite en 2017. Évidemment, le programme parait très (trop) ambitieux et se heurte à de très nombreux sceptiques. La communauté scientifique en premier lieu, mais également les potentiels investisseurs, qui ne distinguent que très mal l’intérêt financier d’une telle entreprise.

Vers une exploitation minière lunaire

Richards indique qu’il veut créer, entre autres, une « route commerciale » entre la Terre et la Lune et évoque, outre le gain scientifique supposé, une potentielle exploitation minière et l’extraction de ressources lunaires. En soi, ce premier aspect n’apparaît pas si fou. Les agences russes et chinoises ont déjà pris très au sérieux la possible extraction d’Hélium 3 lunaire. Ce gaz extrêmement riche en énergie est rare sur notre planète mais apparemment foisonnant sur son satellite. Selon certains ingénieurs chinois, son exploitation « pourrait régler le problème des besoins en énergie de l’humanité pour au moins 10 000 ans». L’Inde est d’ailleurs entrée dans la course il y a quelques semaines.


Moon Express veut donc être « la première entreprise privée à créer une route commerciale entre la Terre et la Lune ». Richards ajoute cependant dit qu’il ne prévoit pas de « missions de retour d’échantillons » avant 2020. Alors que de nombreux observateurs doutent même de la capacité de Moon Express à s’établir sur la Lune, leur calendrier peut prêter à sourire. Mais Richards compte bien avoir le dernier mot et s’appuie des partenaires de poids. « Je sais qu’il y a un manque de crédibilité autour des missions commerciales lunaires, car cela n’a jamais été fait auparavant. Mais nos partenaires de la NASA doivent voir que le secteur privé peut effectivement le faire. Notre premier objectif ne doit donc pas devenir trop compliqué ».

Émergence d’un entrepreneuriat spatial

Car oui, Richards voit plus loin, et entend inscrire Moon Express dans une plus vaste logique entrepreneuriat spatial, totalement décomplexé aux États-Unis depuis qu’Obama a changé la législation sur l’exploitation des ressources spatiales (voir article ci-dessous).

Les entreprises américaines peuvent désormais acheter l’espace

Depuis le traité sur l’Espace de 1969, les ressources lunaires font l’objet d’un flou juridique international, dont le statu quo est maintenu de manière tacite puisque aucun acteur sérieux ne s’est réellement lancé à l’assaut économique de notre satellite. Mais le fait que la NASA soutienne Moon Express pourrait changer la donne. D’autant que Bob Richards bénéficie d’autres soutiens. Moon Express est en effet l’une des deux équipes encore en lice pour le concours international Lunar XPrize, organisé par Google, qui n’investit que très rarement dans des échecs annoncés.

Chanda Gonzales, directrice du Google Lunar XPrize a d’ailleurs validé le projet de Bob Richards. « Nous sommes extrêmement fiers de confirmer officiellement le contrat de lancement de Moon Express », a-t-elle indiqué au site AmericaSpace, avant d’ajouter « À XPrize, nous pensons que l’esprit de compétition entraîne des avancées qui semblaient autrefois inimaginables, voire impossibles […].  La nouvelle course spatiale est vraiment lancée! »

Et si Bob Richards ne la gagne pas, il entend au moins bien se positionner.

Richards mise sur ses « mini-landers » (voir vidéo plus bas), que Moon Express développe depuis 2013. Mais il faut encore les propulser. Alors qu’un partenariat était envisagé avec SpaceX, c’est finalement Rocket lab qui lancera les robots explorateurs de Bob Richards.

Là encore, Rocket Lab n’œuvre pas par pure philanthropie ou intérêt scientifique et le message de son patron, Sandy Tirtey est clair : « le but n’est pas tellement de construire une fusée que d’offrir aux petits business l’accès à l’espace ».

Que l’espace soit un nouvel Eldorado ou que ces initiatives soient des échecs commerciaux, les échelles de temps nous indiquent clairement que l’exploration (et l’exploitation) spatiale ne relève plus de la science-fiction.

Pour aller plus loin :

 

Moon Express, l’entreprise qui veut coloniser la Lune dès 2017

Category: Espace
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