Hover-Camera

L’entreprise chinoise Zero Zero a mis au point une « hover camera » intelligente. En tirant profit des progrès effectués en robotique ou en intelligence artificielle et de l’explosion des drones personnels, Zero Zero entend faire des drones de véritables « centres de commandement » personnels.

La caméra Zero Zero a tout du gadget. Résultat de la success story de deux étudiants chinois de l’université de Stanford, cette « hover-camera » entend enterrer (enfin) ces saloperies de selfie sticks. L’engin est petit et léger (moins de 240 grammes) et doté d’un impressionnant stabilisateur, ce qui lui donne l’air de léviter de façon assez spectaculaire.

HoverCamera
Impressionnant, mais pas vraiment révolutionnaire. Plusieurs entreprises ont déjà sorti ce genre de produits. Lily camera, il y a un an, avait été la première caméra intelligente commercialisée. Ou encore la Phantom 4, plus récemment. Mais ces drones sont plutôt destinés à un usage professionnel, quand Zero Zero veut en faire des objets grand public (le prix n’est pas encore fixé, mais il devrait tourner autour des 600$).

Surtout, c’est dans le rôle même du drone personnel, que les deux petits génies de Zero Zero voient plus loin. En les dotant d’une puissante intelligence artificielle, ils espèrent en faire de véritables chefs d’orchestre capables d’animer d’autres robots ou tout objet connecté. « Je ne crois pas que l’avenir de la robotique personnalisée soit l’unique appareil qui centralise tout, explique le PDG Meng Qiu Wang à la revue spécialisée IEEE Spectrum. Dans le futur, nous aurons plusieurs robots personnels, mais qui devront fonctionner ensemble pour être utiles. Un des gros problèmes que rencontre un robot domestique au sol, c’est qu’il doit éviter beaucoup d’objets, à la maison ou au bureau. Le robot volant résout ce problème. »

Pour autant, ce dernier se contente aujourd’hui, comme la hover-camera, de prendre des photos, et ne peut pas effectuer de tâches trop « physiques ». « Il doit être petit et léger, ce qui limite pour l’instant sa capacité à déplacer des choses, par exemple, même une tasse de café. Mais il pourrait être « l’œil » d’autres robots au sol. Il pourrait leur indiquer le chemin à suivre, et leur donner des ordres pour qu’ils déplacent des objets, par exemple. »

Avec son système de reconnaissance faciale, Zero Zero « reconnaît » son propriétaire, ainsi que ce qu’elle doit prendre en photo. Elle peut suivre sa « cible » même en mouvement. Plus besoin donc de savoir piloter un drone, cette dernière génération est parfaitement autonome. En intégrant les nouvelles méthodes de deep learning et machine learning, révélées il y a peu avec le robot AlphaGo, ces machines adapteront automatiquement leurs trajectoires à l’environnement, seront capables de reconnaître l’endroit où elles se trouvent, de savoir ce qu’elles doivent filmer (ou non), où et quand. Et donc à terme de transmettre ce qu’elles « voient » à d’autres agents robotisés.

Si la hover-camera ambitionne pour l’heure surtout de capturer vos belles images de mariage, et donc de devenir potentiellement aussi insupportable que le selfie-stick (vous l’avez, l’image des 50 personnes devant leur caméra volante en train de redresser la tour de Pise ?), elle ouvre également la porte à une nouvelle ère d’agents robotisés personnels.

C’est sûr que quitte à imaginer un assistant personnel capable de commander tous nos objets connectés, autant qu’il soit capable de voler.

Pour aller plus loin :

Hover camera : peut-être plus qu’un gadget

Category: Robotique
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