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L’alimentation imprimée en 3D fait partie des serpents de mer et peine à devenir une réalité. Souvent présentée comme une solution d’avenir pour nourrir la planète, elle pourrait aussi devenir un business extrêmement lucratif.

Cela faisait un moment que l’idée était dans les tuyaux, notamment dans le cadre de recherches de la NASA, mais l’impression de pizzas en 3D semble avoir franchi une étape ces dernières semaines. L’entreprise BeeHex, start-up californienne de la Silicon Valley, avait reçu 120 000 dollars de la part de la NASA en 2016 pour développer un robot capable d’imprimer des pizzas dans l’espace. Le but étant de permettre aux astronautes de se nourrir d’autre chose que de produits lyophilisés. De plus, l’“encre” alimentaire utilisée par ces imprimantes 3D est un mélange en poudre se conservant près de 30 ans et ne prenant que très peu de place. Que des avantages pour la NASA.


Le projet devait donc permettre à l’agence américaine de fournir à ses astronautes des aliments qui ne se périment pas durant un long voyage, comme par exemple vers Mars. Et cerise sur le gâteau, les chercheurs voyaient également dans l’impression 3D alimentaire un excellent moyen de mettre fin au gaspillage.

De l’ISS à Space Moutain

Et BeeHex s’est depuis senti poussé des ailes. Fort de son partenariat avec la NASA, l’entreprise a annoncé la semaine dernière avoir effectué une levée de fonds à hauteur d’un million de dollars. Mais désormais, plus question de nourrir les futurs martiens, il s’agit là d’un usage commercial bien terrestre. La compagnie a donc lancé Chef 3D, un robot capable d’imprimer et de cuire une pizza en 5 minutes. Fier de son robot « plus rapide, plus propre et plus fiable qu’un humain », le cofondateur de BeeHex Jordan French indique à Business Insider que « dès cette année, le Chef 3D fera son apparition dans les parcs d’attraction, stades et centres commerciaux ».

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Lorsque les ingénieurs de la NASA se sont penchés sur le sujet il y a quelques années, les robots étaient initialement développés en open source, et l’impression 3D se présentait comme une solution potentielle pour « résoudre la faim dans le monde ». Mais les choses ont bien changé et BeeHex voit désormais Chef3D comme un moyen de « créer de la nourriture plus rapidement pour les clients […] sans dépenser trop ou avoir à former des employés« . Autres temps, autres mœurs. Sur le site TechCrunch, Jim Grote, homme d’affaire et créateur de la chaîne de pizzas Donato’s, estime que « BeeHex pourrait devenir à long terme une chaîne de restauration rentable et à très gros volume, comme Domino’s ou Pizza Hut« . Tout un programme, sachant qu’à l’heure actuelle (c’est à dire dans ce monde de ringards où les produits alimentaires coûtent de l’argent et où l’on paye et forme ses employés), le marché de la pizza industrielle est estimé à 43 milliards de dollars par an.

Mais ne nous emballons pas non plus. Car si l’industrie agro-alimentaire s’est jointe aux start-ups qui se multiplient, l’impression d’aliments en 3D est encore loin d’être prise au sérieux par tout le monde. Lorsque nous avions contacté Paul Vantomme, expert à la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) au sujet de l’alimentation du futur, sa réponse au sujet des pizzas 3D a été lapidaire : « c’est une blague ». Par-dessus le marché, plusieurs études montrent que l’impression 3D alimentaire générerait des nano-particules, dont on découvre à peine l’impact sur notre organisme.

Mais surtout, la question la plus importante est : avons-nous réellement envie de manger des aliments imprimés en 3D ? Car pour l’heure, lorsque l’on imagine à quoi ça pourrait ressembler, on a tendance à penser à ça:

Les pizzas imprimées en 3D veulent devenir une réalité

Category: Robotique
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