facebook brain

À l’occasion de sa conférence annuelle, l’entreprise américaine Facebook a fait plusieurs annonces concernant le futur du réseau social. Et à l’avenir, il y sera question de robots, réalité virtuelle, réalité augmentée… et cerveau connecté.

Durant la conférence annuelle de développeurs de Facebook, le PDG Mark Zuckerberg a dessiné les grandes lignes de l’avenir de sa gigantesque entreprise. Sans surprise, il a indiqué que Facebook travaille actuellement sur la robotique, la réalité virtuelle et la réalité augmentée. « Nous allons faire de l’appareil photo du téléphone la première plateforme grand public de réalité augmentée », a-t-il affirmé.

Souhaitant également « rattraper son retard » en réalité virtuelle, Zuckerberg a indiqué miser beaucoup sur l’Oculus Rift, racheté en 2014. En lançant Facebook Spaces, réseau permettant à plusieurs utilisateurs d’Oculus de discuter sous forme d’avatars dans un espace virtuel, Facebook poursuit donc sa volonté d’ancrer la réalité virtuelle dans notre quotidien. Pas une nouveauté, car on se souvient de cette photo qui a marqué les esprits, avec un Zuckerberg triomphant marchant à côté de ce qui ressemblait à une armée de clones connectés et déshumanisés.


Mais si vous êtes mal à l’aise avec cette photo, comme avec le fait que Zuckerberg se soit construit son propre Jarvis, comme dans Iron Man, dites-vous que cela pourrait être bien pire à l’avenir. Car une annonce, de poids, a quelque peu échappé aux observateurs, comme le note le site Futurism. Car le PDG de Facebook a annoncé ni plus ni moins travailler sur « une interface directe du cerveau à Facebook ».

Provenant d’un mystérieux groupe de travail chez Facebook appelé “Building 8 (B8)” l’idée semble être à l’étude depuis un certain temps. Récemment, ce fameux B8 a annoncé rechercher un « ingénieur expérimenté en informatique cerveau-informatique (BCI, pour brain-computer interface) qui sera chargé de travailler sur un projet B8 de 2 ans axé sur le développement de technologies BCI avancées ».

Pendant la présentation de ce mardi, Zuckerberg a ainsi dévoilé les bases de son projet :

Regina Dugan vous parlera d’un certain travail que nous menons pour aller encore plus loin que la réalité augmentée. Et cela comprend notre travail autour des interfaces directes du cerveau qui pourraient éventuellement, un jour, vous permettre de communiquer en utilisant seulement votre esprit.

Le choix de Regina Dugan pour diriger Building 8 n’est pas anodin. Ancienne directrice de la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency, agence militaire américaine travaillant sur les nouvelles technologies), elle a été débauchée par Facebook alors qu’elle officiait chez Google où elle dirigeait des travaux similaires.

Ça n’est un secret pour personne, Zuckerberg veut prendre la place de Google. Du coup, comme la firme de Mountain View, Facebook entend bien se diversifier et tirer tous azimuts. C’est ainsi que Mark Zuckerberg a annoncé vouloir guérir toutes les maladies d’ici la fin du siècle, qu’il a fait développer Aquila, un avion fonctionnant à l’énergie solaire ou qu’il s’est lancé à corps perdu dans son projet Internet.org visant à connecter le monde entier (à Facebook). En investissant massivement dans la robotique, la réalité virtuelle, l’industrie du transport vert, et maintenant les neurosciences, Facebook marche un peu plus sur les plates-bandes de Google.

Quand deux éléphants se battent il n’y a que l’herbe qui meurt

Comme Google, Facebook compte vampiriser ces secteurs. Comme Google, un discours philanthropique (connecter les populations défavorisées, guérir les maladies infantiles) encadre (enrobe?) ces activités tentaculaires. mais comme Google, Facebook est une entreprise gigantesque qui a besoin de dégager des bénéfices. Comme le rappelait récemment Tristan Nitot dans nos colonnes, le prix à payer se trouve parmi les données personnelles des utilisateurs. Et il est possible que ces derniers soient les premières victimes de cette guerre entre les deux géants.

« Google se fait griller par Facebook depuis quelque temps, indique Tristan Nitot. Du coup, Google et Facebook font la course vers le pire ». Et rappelons que cette fois, on parle d’interface cerveau-machine. Difficile de ne pas envisager le pire s’agissant de notre vie privée ou nos données personnelles.

Bien sûr, nous n’en sommes pas encore là. La neuroscience étant un domaine encore largement méconnu, il y a encore probablement des années de recherche à venir avant que nous nous connections à notre compte Facebook directement grâce à notre cerveau. Mais la volonté de Mark Zuckerberg est bien réelle.

La course est lancée

Et pour l’heure, l’adversaire direct de Zuckerberg dans le domaine du cerveau connecté n’est peut être pas Google. Et il n’aura pas fallu longtemps pour qu’il entre dans la course lancée par Elon Musk et son Neuralink.

Lire à ce sujet :

Votre cerveau, vous le voulez artificiel, de synthèse ou connecté ?

En souhaitant connecter notre cerveau pour accroître l’intelligence humaine et permettre aux humains de suivre le rythme des intelligences artificielles, Elon Musk surfe sur son idée selon laquelle une intelligence artificielle forte pourrait être un danger pour l’Homme. Mais pour l’équipe qui gère l’intelligence artificielle chez Facebook, le français Yann LeCun en tête, cette peur de l’IA est jugée “hystérique”. Il y a donc fort à parier que l’approche de Facebook sera bien différente de celle de Neuralink.

Mark Zuckerberg devrait annoncer, comme Elon Musk, plus de détails sur la mise en œuvre de son projet dans les semaines et mois à venir. Mais entre ses travaux sur l’intelligence artificielle, la volonté de développer les agents conversationnels personnalisés et désormais l’interface cerveau-machine, on imagine aisément que le futur de Facebook sera radicalement différent. Et probablement encore un peu plus flippant, même si Facebook assure que ces travaux seront encadrés par « un panel éthique, juridique et social indépendant ».

 

Pour aller plus loin :

Zuckerberg veut connecter notre cerveau à Facebook

Category: Robotique
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