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Il est possible que personne ne vive plus longtemps que Jeanne Calment, décédée à 122 ans et recordwoman de longévité. C’est en tout cas ce qu’affirment Jan Vijg, chercheur à l’Albert Einstein College of Medecine, et son équipe. Leur étude, controversée, va ainsi à l’encontre de l’idée selon laquelle l’être humain ne ferait qu’augmenter son espérance de vie.

Une des questions majeures concernant l’avenir de l’espèce humaine est l’augmentation de la durée de vie. Si les transhumanistes s’accordent sur le fait que cette dernière ne fera qu’augmenter, nombre de scientifiques demeurent sceptiques à l’évocation de chiffres vertigineux comme une durée de vie de 300 ans, voire plus. L’Albert Einstein College of Medecine pourrait conforter ce scepticisme. Dans une étude publiée jeudi 6 octobre dans la revue Nature,

Un pic de longévité atteint dans les années 1990

En se basant sur les travaux de l’Human Mortality Database, les scientifiques de l’Albert Einstein College of Medicine affirment avoir découvert un plafond de longévité humaine et estiment qu’il sera presque impossible de l’atteindre à nouveau, et donc de le dépasser.

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Les données, compilées dans plus de 40 pays et comparées à celles de l’International Database on Longevity de l’Institut Max Planck, font dire à Jan Vijg (photo) et son équipe qu’il existe une espérance de vie maximale se situant autour de 115 ans.

Les chercheurs avancent même qu’il existe une “limite absolue” de 125 ans, que l’on ne dépassera probablement jamais. « Les démographes et biologistes ont répété que nous n’avions aucune raison de penser que l’espérance de vie maximum arrêterait de progresser, explique Jan Vijg. Mais notre étude démontre que cet âge maximum a déjà été atteint et que ce pic l’a été dans les années 1990.

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Limite de longévité. Revue Nature.

La durée de vie a considérablement augmenté en un siècle, en raison des politiques de santé, de l’évolution de notre niveau de vie, de notre régime alimentaire etc. Mais les analyses semblent montrer que cette augmentation a atteint un pic aux alentours de 1995. L’étude de Jan Vijg conclut que la probabilité qu’un humain « dépasse un jour les 125 ans est de moins de 1 sur 10 000 ».

Une étude controversée

L’étude se basant essentiellement sur des analyses statistiques, l’observation du pic de 1995 et le fait que personne n’ait jusqu’à maintenant vécu plus longtemps que Jeanne Calment semblent indéniables (sauf à considérer des cas comme celui de Mbah Gotho, cet Indonésien qui assure être âgé de plus de 145 ans, comme plausibles). Mais ce sont les conclusions qui font sauter au plafond transhumanistes, “longévistes” ainsi qu’une partie des scientifiques et médecins. Jan Vijg semble estimer que les progrès scientifiques à venir « continueront d’augmenter l’espérance de vie globale, mais pas la durée de vie maximum ».

Or les travaux de biologie de synthèse ou les possibilités d’éditer notre génome nous incitent à la plus grande prudence quand il s’agit d’énoncer avec certitude un plafond de verre de la durée de vie. Le principal reproche fait aux transhumanistes, d’ailleurs, est précisément la certitude inverse. Un argument d’autorité contre un autre, en somme.

Pour l’heure, précisons quand même que les travaux visant à augmenter significativement l’espérance de vie sont à l’état embryonnaire et que le “traitement contre la vieillesse” est très loin d’être pris au sérieux.

Pour aller plus loin :

Et si personne ne vivait plus longtemps que Jeanne Calment ?

Category: Santé
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