Benjamin Button

Pourrait-on arrêter de vieillir ? Deux universités, américaines et japonaises, vont lancer dès le mois prochain des essais cliniques sur des humains afin de répondre à la question. Ils testeront une molécule (nicotinamide mononucléotide) qui a déjà permis d’augmenter significativement la durée de vie des souris.

Le NMN (nicotinamide mononucléotide) est une molécule organique qui fascine les chercheurs depuis 2013 et sa découvert par une université australienne. Nucléotide relativement fréquent dans la nature (présent notamment dans de nombreux aliments, comme le lait), le NMN fait l’objet de nombreuses études très prometteuses et pourrait conduire à « de nouveaux traitements de guérison ou prévention du cancer, des diabètes de type 1 et 2, du vieillissement et l’atrophie musculaire d’ici 5 à 10 ans », indiquait alors le professeur David Sinclair, découvreur de la molécule et directeur de ces études.

La prophétie du scientifique australien (cité parmi les 100 personnalités les plus influentes de la planète par la magazine Time) pourrait même se réaliser plus vite puisque dès le mois prochain, des test d’injection de NMN seront effectués sur des humains. Dix personnes en bonne santé se sont portées volontaires pour évaluer si ce composé peut réellement agir sur le vieillissement humain et bien sûr tester sa non-nocivité et ses éventuels effets secondaires. Les résultats obtenus jusqu’alors sur des souris étaient spectaculaires, mais on ne connait pas l’incidence des NMN sur l’Homme.

Si le produit s’avère sûr, un médicament conçu par l’Université de Washington à St. Louis et l’Université de Keio au Japon pourrait alors très rapidement être mis sur le marché et devenir ainsi le premier produit anti-vieillissement accessible au public.

Fontaine de jouvence et business florissant

Les recherches menées par Shinichiro Imai, professeur à l’université de Washington ont révélé que le NMN avait une incidence sur les gènes liés aux sirtuines, enzymes responsables du vieillissement cellulaire. Ainsi, les souris nourries au NMN ont été moins sujettes aux troubles liés à l’âge et au vieillissement de leurs cellules que les autres souris. Mais pour l’heure, rien n’indique que le NMN aura les mêmes effets sur l’Homme. Si de sérieux doutes existent, notre génome commun avec la souris (95 à 98 %) reste un motif d’espoir.

Le vieillissement sera en effet un enjeu planétaire majeur d’ici la fin du siècle. À titre d’exemple, en France, le nombre de personnes âgées de 60 ans et plus pourrait augmenter de 80% d’ici 2060. Dans le même temps, le Japon pourrait voir 40 % de sa population avoir plus de 65 ans. Étant un des pays du monde les plus exposés au vieillissement, on comprend mieux cet intérêt pour le nucléide NMN.

En raison de cet enjeu grandissant, les entreprises du médicament sont dans les starting-blocks. Depuis déjà une dizaine d’année, de nombreuses firmes américaines font ainsi pression sur la FDA (Food and Drug Administration) pour qu’elle reconnaisse le vieillissement comme une maladie. Si la recherche s’en trouverait considérablement gonflée, nul doute que les bénéfices des entreprises pharmaceutiques en feraient au moins tout autant. Récemment, une Américaine a affirmé avoir rajeuni grâce à sa méthode de thérapie génique et donc effectué la même requête au près de la FDA, afin d’inonder le marché de sa nouvelle trouvaille, même si la méthode fait face à de nombreuses critiques.

Entre marché éconnomique en pleine explosion, vieillissement de la population mondiale et avancées scientifique, quel sera l’avenir du traitement NMN ? Réponse dans quelques mois.

Pour aller plus loin

 

Un traitement antivieillissement bientôt testé sur des humains

Category: Santé
0
1928 views

Join the discussion

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *