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Une partie de la queue d’un dinosaure vieux de 99 millions d’années, avec os, tissus mous et plumes, a été découverte dans de l’ambre, trouvaille inédite qui permettra d’en apprendre énormément sur ces animaux… et de fantasmer un nouveau Jurassic Park.

« Cette portion de la queue qui provient d’un jeune animal comprend huit vertèbres entourées de plumes en bon état, avec des détails microscopiques », explique Ryan McKellar du Musée Royal de Saskatchewan (Canada), un des scientifiques qui a participé à cette découverte publiée jeudi dans la revue scientifique américaine Current Biology.

Autruche préhistorique ?

« Nous pouvons être sûrs qu’il s’agit bien d’un dinosaure car les vertèbres ne sont pas soudées sur un croupion comme c’est le cas pour les oiseaux modernes ou leurs ancêtres », précise-t-il. « Cette queue est au contraire longue et souple avec des plumes réparties de chaque côté, ce qui signifie que nous sommes bien en présence d’un dinosaure, pas d’un oiseau préhistorique ».  Car s’il possédait bien toutes ces plumes, le dinosaure « aurait probablement été incapable de voler », un peu comme nos autruches, finalement. Le but du plumage reste donc à définir, mais il pourrait s’agir d’atours de séduction, ou de sorte de “régulateur thermique”, suppose le scientifique.

Des plumes datant de l’époque des dinosaure ont déjà été retrouvées piégées dans de l’ambre mais c’est la première fois qu’il est possible de clairement établir un lien entre une partie d’un plumage bien préservée et un dinosaure, note la paléontologue Lida Xing de l’Université de Géophysique de Chine, principal auteure de cette découverte.

Bon alors, Jurassic Park, c’est pour quand ?

Évidemment, difficile de résister à la tentation d’imaginer un nouveau Jurrassic Park réel. (Mal)heureusement, nous n’en sommes pas du tout là. Et si ce petit morceau d’ambre est loin d’avoir révélé tous ses secrets, la volonté de ramener à la vie ce dinosaure ne semble pas (étrangement) être l’intérêt scientifique principal de cette découverte. « C’est une nouvelle source d’informations qui vaut la peine d’être recherchée, exploitée et protégée comme ressource fossile », estime Ryan Keller.

Sortes de “time-capsules”, les morceaux d’ambre « préservent de petits clichés des écosystèmes anciens, mais aussi des détails microscopiques en trois dimensions et des tissus fragiles qui sont difficiles à étudier dans les autres fossiles », relève Ryan Kellar.

Les études de tissus si bien préservés sont extrêmement rares. L’une des dernières découvertes de ce type provenait d’un mammouth laineux prisonnier de la glace de Sibérie. Et évidemment, on a alors immédiatement émis l’hypothèse de le ramener à la vie !

La présence de tissus mous pourrait laisser planer le doute. Sauf qu’à l’inverse du mammouth laineux, le retour à la vie des dinosaures semble bel et bien impossible. L’ADN finit par se dégrader avec le temps. Prisonnier dans l’ambre ou non. Un organisme voit la totalité de son ADN se détruire au bout de presque 7 millions. Les mammouths s’étant éteints il y a entre 10 000 et 40 000 ans, la porte reste ouverte. Mais pour notre autruche préhistorique disparue il y a 62 millions d’années, il ne restera plus une trace de son ADN.

Cloner ce mystérieux dinosaure à plumes à partir de son ADN comme dans Jurassic Park semble donc parfaitement impossible… Ce qui n’empêchera pas les fans ou les fous furieux de continuer à y croire !

Jurassic Park (presque) en vrai !

Category: Société
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