arbreavent

Et si l’on plantait des éoliennes au cœur de la ville ? C’est le but de Jérôme Michaud-Larivière, fondateur de la start-up française NewWind. Il revient pour Nom de Zeus sur sa création : l’arbre à vent, qu’il compte commercialiser dès juin 2016.

Ils trônent déjà à Aubervilliers et (bientôt) Vélizy, et pourraient se multiplier dès cette année. Ces drôles d’arbres de 10 mètres de haut ne correspondent pas vraiment aux standards classiques des éoliennes. Plus petits et moins bruyants, ces arbres à vent sont surtout plus « sympathiques » que les immenses hélices. « Le design est une part importante de nos produits, indique Jérôme Michaud-Larivière à Nom de Zeus. Nous voulons contribuer à redessiner les villes du futur, sans créer d’hostilité de la part des riverains ». NewWind revendique ainsi la paternité de « l’éolien biomimétique ».

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Le principe ? Capter les petites turbulences urbaines, par opposition aux grands vents que captent les éoliennes très exposées. « Nous essayons de miniaturiser au maximum l’éolien. Nos arbres à vents contiennent plein de micro-turbines, captant les vents à 360°, fondées sur notre principe d’Aeroleaf » (voir vidéo).

Bien sûr, ces arbres à vent récoltent beaucoup moins d’énergie que les grandes éoliennes conventionnelles. Mais cela fait partie du but recherché : créer des sources individuelles d’énergie, pour alimenter non pas des immeubles entiers mais des plus petites structures, comme des éclairages publics ou des véhicules électriques. « Nous proposons des solutions de proximité et un modèle d’autoproduction qui va ringardiser EDF et le système de production d’énergie centralisée » assure l’entrepreneur. Espérons que ses résultats seront meilleurs que les dernières tentatives d’éoliennes parisiennes !

production arbre a vent

Si les arbres rencontrent un certain succès, ils ne sont purtant qu’une première de la volonté de Jérôme Michaud-Larivière de miniaturiser les sources d’énergie. « Bien sûr, l’arbre à vent a un côté spectaculaire, mais dans notre idée d’intégrer totalement le paysage urbain, nous cherchons à développer des produits de plus en plus discrets, jusqu’à devenir totalement invisibles ».

Car pour l’entrepreneur, la révolution, c’est bien la technologie Aeroleaf. « Quand les architectes, ingénieurs et urbanistes intégreront nos technologies directement aux bâtiments, sans que ça ne se voit, nous aurons réussi notre coup. C’est pour cela qu’après l’arbre, nous développons aussi des buissons, grappes, lianes et feuilles de toit, toujours sur le principe de l’Aeroleaf ».

Et tout est fait pour rappeler l’univers végétal, jusque dans les termes, puisque Jérôme Michaud-Larivière compte bien « planter » ses arbres et estime qu’on « en verra fleurir un peu partout ». À Paris, mais pas seulement. « Nous avons des projets dans plusieurs villes européennes » assure-t-il.

Deux tiers d’urbains en 2050

« Le but n’est évidemment pas de remplacer les vrais arbres mais d’adapter le paysage urbain aux impératifs sociaux, économiques et environnementaux de demain ». La population urbaine ne cesse d’augmenter. Depuis 2006, la moitié de la population mondiale vit en ville. En 2050, on estime que ce sera plus des deux tiers, selon les Nations-Unies. Or les villes représentent plus de 70% des émissions de gaz à effet de serre.

C’est donc dans cette optique que la startup compte investir « les parking, les grandes surfaces, etc. Ces lieux sont habituellement très austères et consommateurs d’énergie. L’idée est de leur donner une utilité, avec en prime un aspect organique qui favorise l’adoption par le public ».

Et dans cet univers gris, Jérôme Michaud-Larivière veut voir le béton comme le terreau dans lequel planter ses produits. « Nous avons travaillé, notamment avec Lafarge, pour développer un nouveau béton, avec des cellules organiques, qui stocke l’énergie (voir vidéo). Nous avons également intégré des « pétales » photovoltaïques. Ces buissons auront donc trois sources d’énergie : les racines, les pétales et le vent ».

Présents à la COP21, les arbres à vent ont tapé dans l’œil de Nicolas Hulot et de nombreux investisseurs à travers l’Europe. Et si des doutent subsistent quant à leur efficacité réelle, Jérôme Michaud-Larivière assure « travailler continuellement pour améliorer [leur] rendement énergétique. Mais il ne s’agit pas seulement de nous, nous faisons partie de toutes les idées et solutions qui contribuent à inventer les smart-cities de demain ».

 

L’arbre à vent, l’éolienne qui veut s’enraciner en ville

Category: Urbanisme
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